Santé

Prenez votre santé en main dès aujourd’hui

Changer ses habitudes n’est pas facile, surtout quand on est seul. Vous voulez manger sainement, faire du sport, mais autour de vous, les tentations sont partout. C’est normal, mais ne laissez pas cela vous arrêter.

Trouvez votre “pourquoi”

Votre motivation profonde est votre moteur. Pourquoi voulez-vous évoluer ? Identifier ce “pourquoi” vous aidera à rester discipliné et à inspirer ceux qui vivent avec vous.

Impliquez votre entourage

Faites participer vos proches. Sport, alimentation, activités ludiques… rendez le changement attractif pour qu’ils aient envie de vous suivre. Votre santé devient alors un projet collectif.

Devenez acteur de votre bien-être

Vous ne pouvez pas tout contrôler, mais vous pouvez faire votre part. Chaque effort compte. Aller à l’hôpital, se faire suivre, rester conscient des risques : ce sont des gestes qui sauvent.

Agir aujourd’hui, c’est investir dans votre demain. Votre bien-être est votre plus grand capital. Commencez maintenant, inspirez ceux qui vous entourent et construisez une vie plus forte, plus épanouie.

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Recevoir un diagnostic : quand la vie impose un nouveau départ

Sortir du cabinet médical avec un diagnostic de diabète peut être un véritable choc. On se retrouve confronté à une réalité brutale : une maladie chronique à gérer, des médicaments à acheter, un régime alimentaire à suivre… alors même que la vie était déjà difficile. Comment faire quand on peine déjà à se nourrir correctement au quotidien ? Comment accepter une nouvelle contrainte quand le poids des difficultés semblait déjà trop lourd ? Le premier réflexe est souvent le découragement.

Les questions défilent : À quoi bon ? Pourquoi encore une épreuve ? La vie mérite-t-elle vraiment d’être vécue dans ces conditions ? C’est un moment de vulnérabilité profonde, une étape où tout semble s’effondrer. Pourtant, cette épreuve peut devenir un tournant. Parfois, la vie — ou Dieu, pour ceux qui croient — utilise ces moments difficiles pour nous rappeler l’essentiel : prendre soin de soi. Le diabète oblige à une discipline que beaucoup auraient reportée indéfiniment. Il impose une hygiène de vie, une rigueur, une attention au corps qui peuvent finalement protéger de conséquences bien plus graves. Car oui, cela aurait pu être pire : un accident, une maladie brutale, un drame sans préparation.Le diabète n’est pas une condamnation. Il peut devenir une alerte, un signal pour se relever autrement. Commencer une activité sportive adaptée, revoir progressivement son alimentation, apprendre à écouter son corps… ce sont autant de gestes simples qui, pas à pas, peuvent réellement sauver une vie.Il ne s’agit pas de nier la difficulté. Il s’agit de refuser d’abandonner. Chaque petit pas compte. Chaque effort, même modeste, vous rapprochera d’un meilleur équilibre, d’une meilleure santé, d’une meilleure version de vous-même.

Vous pouvez être fier de vous.Parce qu’avancer malgré la douleur, malgré les moyens limités, malgré la peur, est une force immense.Parce que chaque pas, aussi petit soit-il, vous rapproche de votre objectif : vivre mieux, vivre pleinement.

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Quels sont signes que ton corps te donne quand tout va bien

Il y a des moments où tout va bien, où tout est en équilibre dans le corps et dans la tête, et le corps parle pour nous.
Pour le Dr Cissé :
« Mon teint rayonne quand je suis bien dans ma tête et dans mon corps. »

Quand nous sommes en équilibre, le corps envoie ses signes : un sommeil réparateur, une énergie débordante, une concentration optimale, un appétit équilibré et une joie naturelle.
Même l’inspiration pour nos projets coule sans effort, comme si tout s’ouvrait devant nous.

Ces signaux montrent l’importance de prendre soin de soi, de se donner du temps pour se reposer, pour respirer, pour se reconnecter à son corps.
Être bien dans sa peau, c’est offrir à son esprit et à sa vie entière une harmonie profonde.

Alors, prenez le temps d’écouter votre corps.
Quels signes vous envoie-t-il quand vous êtes pleinement reposé, équilibré et épanoui ?

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Témoignage d’une mère : Élever un enfant drépanocytaire, entre douleur et espoir

Aujourd’hui, nous donnons la parole à Djeïna Maïga, une mère dont la voix tremble d’émotion lorsqu’elle raconte son combat. Un combat pour son fils, atteint de drépanocytose, une maladie héréditaire qui bouleverse des vies.

Un diagnostic inattendu après des années d’incompréhension

Tout a commencé lorsque son fils était en maternelle. “Il tombait souvent malade, mais on se disait que c’était normal pour un enfant”, explique-t-elle.
Mais en classe de CP2, les crises deviennent fréquentes : douleurs à l’estomac, fièvres, articulations douloureuses. C’est l’alerte d’une proche qui pousse la famille à faire un test. Le verdict tombe : son fils est porteur du gène drépanocytaire, forme AS avec un taux de 70 %, une forme pourtant considérée comme moins grave… mais pas pour lui.

Un enfant qui apprend à vivre avec la douleur

Très vite, la maladie laisse des séquelles. “Il a commencé à marcher en boitant. Après des examens à Abidjan, les médecins découvrent que son fémur gauche a été gravement atteint.”
Une prothèse lui est posée, mais les crises persistent. “Lorsqu’il souffre, il nous supplie d’attacher ses jambes ou son dos, comme si ça pouvait soulager. Les médicaments agissent une heure, deux tout au plus, puis la douleur revient.”
Les saisons pluvieuses sont les pires : chaque vague de fraîcheur déclenche une nouvelle crise.

Un adolescent fort, une mère épuisée

Aujourd’hui âgé de 17 ans, le jeune garçon a appris à vivre avec sa maladie. “Quand il a compris, il a dit que c’était la volonté de Dieu. Il garde la foi, il est fort. Nous, nous pleurons pour lui, mais lui ne pleure pas.”
Grâce à un complément alimentaire, ses crises se sont espacées depuis deux ans. Mais la mère reste marquée :
C’est dur. Voir son enfant souffrir, courir à l’hôpital tout le temps, gérer la douleur, c’est épuisant moralement et physiquement.”

Un appel à la solidarité et à la compassion

Pour Djeïna, ce combat ne doit pas être mené seule :

Les mamans d’enfants drépanocytaires ont besoin de soutien. Pas seulement financier, mais aussi moral et physique. Quand on est seul à gérer un enfant malade, on s’épuise. Il faut entourer ces familles, les écouter, les soulager.

Elle insiste :

Ces enfants n’ont rien demandé. Ils ne doivent pas être stigmatisés. Ils ont besoin d’amour, d’encouragement et de la certitude qu’ils ne sont pas seuls.”

Pourquoi ce témoignage ?

Djeïna s’exprime aujourd’hui pour soutenir le projet Innocence Rouge et sensibiliser le public :

Nous devons parler de cette maladie. Faire comprendre aux gens qu’il faut agir, informer, soutenir. Parce que derrière chaque enfant malade, il y a une mère qui souffre en silence.

Un enfant drépanocytaire ne choisit pas sa douleur. Aidons-les à choisir la vie.

Santé

Temoignage : Rita Kouadio Une sage-femme qui vit avec la drépanocytose et milite pour la sensibilisation

Rita Kouadio, sage-femme de profession, a découvert tardivement qu’elle était atteinte de drépanocytose, une maladie génétique encore largement méconnue en Côte d’Ivoire.

Une enfance marquée par des douleurs ignorées

Depuis son enfance, Rita souffrait de douleurs aux genoux, aux bras et aux hanches. Confiée à ses grands-parents au village, ces douleurs étaient attribuées au rhumatisme. Personne n’imaginait qu’il s’agissait des symptômes d’une maladie chronique.

Une découverte tardive

Ce n’est qu’après son bac, lors de sa première grossesse, qu’elle a découvert sa condition. Le bilan prénatal a révélé qu’elle est porteuse de la forme SC. Depuis, les crises sont devenues plus fréquentes, souvent déclenchées par un épisode de paludisme ou un taux d’hémoglobine élevé. Les douleurs intenses touchent les articulations, les reins et parfois la poitrine, rendant la respiration difficile.

Un appel pour la prévention et la solidarité

Rita lance un cri du cœur : il est urgent que la drépanocytose soit prise en compte comme une priorité nationale. Elle invite les autorités à intensifier la sensibilisation, exiger les tests avant le mariage et améliorer la prise en charge des patients.
Elle interpelle aussi les personnes de bonne volonté à soutenir les malades, car les coûts liés à la maladie sont écrasants pour les familles.

Un espoir : le projet Innocence Rouge

Grâce au projet Innocence Rouge, porté par Dr Cissé à travers Vision Diamant, Rita a pu témoigner publiquement et briser le silence autour de la maladie. Elle voit dans ce projet une opportunité unique d’informer, d’éduquer et de donner une voix à ceux qui souffrent en silence

Santé

Rentrée Scolaire: L’importance d’une bonne alimentation pour les enfants

Rentrée Scolaire: L’importance d’une bonne alimentation pour les enfants

La réussite scolaire et le bien-être de nos enfants ne dépendent pas uniquement des cours et des cahiers. Leur santé joue un rôle fondamental. Et cette santé, elle commence par une chose simple : l’alimentation.

Le petit-déjeuner, repas essentiel

On ne le répètera jamais assez : le petit-déjeuner est le repas le plus important de la journée. Aucun enfant ne devrait quitter la maison le ventre vide.

Un petit-déjeuner équilibré peut contenir :
• Des céréales complètes ou du pain,
• Un fruit frais ou un jus 100 % naturel (sans sucre ajouté),
• Une source de protéines : lait, yaourt, fromage ou œufs.

Ce repas doit leur donner l’énergie nécessaire pour bien commencer la journée.

Les collations de la matiné

À l’école, beaucoup d’enfants mangent trop sucré : biscuits, bonbons, boissons gazeuses. Pourtant, le sucre en excès est nocif.

À la place, privilégions des options plus saines comme :
• Des bananes ou autres fruits,
• De petits sandwichs maison,
• Des oléagineux (amandes, noisettes),
• Du yaourt.

Ces en-cas permettent de maintenir l’énergie sans fatiguer l’organisme.

Prévoir des goûters pour éviter la fatigue

Les enfants dépensent énormément d’énergie. Contrairement aux adultes, ils ne peuvent pas attendre de longs intervalles entre les repas.

Prévoyons toujours un goûter équilibré entre les repas principaux pour éviter la baisse d’attention et la fatigue.
Un rôle éducatif essentiel

En tant que parents, nous avons un rôle d’éducateurs alimentaires. Apprendre aux enfants à manger sainement et équilibré dès le plus jeune âge, c’est leur offrir des habitudes durables.

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Émotions : et si elles étaient des messagers

On a souvent tendance à considérer nos émotions comme des ennemies. Quand la colère monte, quand la peur nous envahit ou quand la tristesse s’installe, notre premier réflexe est de vouloir les faire taire. Mais si, au lieu d’être des problèmes à éliminer, elles étaient en réalité des messages à écouter ?

C’est l’idée que partage le Dr Cissé. Une émotion n’arrive jamais par hasard : elle est comme une boussole intérieure qui nous indique qu’un besoin important n’est pas respecté.
• La peur est un signal d’alerte : « Attention, protège-toi. »
• La colère traduit une limite franchie : « Stop, quelque chose ne va pas. »
• La tristesse nous invite au réconfort et à la guérison.

Exemple concret : l’histoire de Yao

Yao vivait une colère permanente contre son patron. Comme beaucoup, il essayait de l’étouffer. Jusqu’au jour où il a décidé de se poser une question simple : « Que veut me dire cette émotion ? » La réponse est apparue clairement : « Je ne me sens pas respecté. »

Avec cette prise de conscience, Yao a pu en parler calmement à son supérieur. Résultat : la relation s’est améliorée et sa colère a diminué. Son émotion n’était pas un fardeau, mais un guide.

Écouter son cœur

Changer notre regard sur nos émotions, c’est accepter d’ouvrir un dialogue intérieur. La prochaine fois qu’une émotion forte surgit, plutôt que de la rejeter, faisons une pause et posons-nous cette question :
« Qu’est-ce que cette émotion essaie de me dire ? »

Un ancien proverbe bété le résume magnifiquement :

« Le cœur qui parle ne ment jamais. »

Nos émotions ne nous mentent pas. Elles nous montrent ce qui a besoin d’attention, de respect et parfois de réparation. Les écouter, c’est un acte profond de respect envers soi-même.

Alors, et vous : qu’est-ce que votre cœur essaie de vous dire aujourd’hui ?

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Vivre l’urgence au quotidien : 7 ans au SAMU, témoignage du Dr Koné

Un métier qui change la vie

Après son bac, le Dr Koné choisit de faire médecine et se spécialise dans les urgences. Depuis 7 ans, il exerce au SAMU, un service qui intervient jour et nuit pour sauver des vies.

Ce choix de carrière a profondément changé son regard sur l’existence :

« Quand on intervient, on se met toujours à la place du patient : si c’était moi, comment j’aimerais qu’on prenne soin de moi ? Cela nous pousse à donner le maximum pour aider et sauver. »

Avec le temps, il a développé des qualités humaines essentielles : l’écoute, l’attention et la compassion. Dans l’urgence, ces valeurs sont vitales, car une simple inattention peut coûter la vie.

Les urgences les plus fréquentes

Au SAMU, certaines situations reviennent très souvent :
• Le matin, entre 5h et 6h : pertes de connaissance ou difficultés respiratoires. Les appels commencent par des phrases comme « Mon mari ne se réveille plus » ou « ma femme ne réagit plus ».
• La nuit : les cas d’hyperthermie sévère (forte fièvre) avec convulsions, surtout chez les enfants.
• À l’hôpital : transferts délicats de patients en réanimation, branchés sur des appareils vitaux, vers les services d’imagerie (scanner, IRM). Cela demande du matériel spécifique et une grande précision pour maintenir la vie du patient pendant le trajet.

Ces interventions exigent un mélange de rapidité et de précision.

Les moments les plus difficiles

Toutes les interventions ne se terminent pas bien.

« Parfois, on fait des massages cardiaques pendant 40 minutes. On utilise tous les moyens de réanimation, et malgré nos efforts, le patient décède. »

Même avec l’habitude, ces pertes sont douloureuses. Le médecin avoue que l’on ne s’habitue jamais vraiment à voir la mort de si près, mais qu’il faut apprendre à continuer malgré tout.

Que faire en cas d’urgence à la maison ?

Le Dr Koné insiste : la population doit connaître les gestes de base qui sauvent.
1. Rester calme et sécuriser la victime.
2. Si la personne respire mais est inconsciente : la mettre en position latérale de sécurité (PLS), sur le côté, pour éviter qu’elle s’étouffe avec ses sécrétions.
3. Appeler immédiatement le 185 (SAMU).
4. En cas de traumatisme (accident, chute) : ne jamais déplacer la victime sans immobilisation, car une mauvaise manipulation peut causer une paralysie définitive.

Ces gestes simples peuvent faire la différence avant l’arrivée du SAMU.

Prévenir plutôt que guérir

Pour rester en bonne santé et éviter les urgences, le Dr Koné donne trois conseils faciles à appliquer :
• Bouger régulièrement : 30 à 35 minutes d’activité physique, trois fois par semaine. C’est le « médicament miracle » qui protège contre les maladies cardiaques, le diabète, l’hypertension et même certains cancers.
• Bien manger : privilégier un repas consistant le midi (riz, igname, banane plantain, pommes de terre…) et un dîner léger le soir (salades, légumes, poisson ou poulet grillé). Réduire sucre, sel et graisses.
• Éviter les addictions : tabac, alcool et drogues détruisent le corps lentement mais sûrement, en provoquant cancers, maladies cardiaques ou insuffisances du foie et des poumons.

Le cas du diabète : une maladie à surveiller

Le diabète est une urgence fréquente au SAMU. Beaucoup de patients arrêtent leur traitement pour essayer des remèdes traditionnels, mais reviennent dans un état grave, parfois dans le coma.

Le Dr Koné raconte une histoire vraie :

Un patient s’est injecté de l’insuline rapide avant de manger. Mais après une dispute avec sa femme, il est allé se coucher sans dîner. Résultat : une chute brutale de sa glycémie et un coma hypoglycémique. Heureusement, sa femme a remarqué des signes inquiétants (transpiration, agitation dans le sommeil) et a appelé le SAMU à temps. Sans elle, il aurait pu mourir.

Ce cas illustre deux leçons : ne jamais interrompre son traitement et s’assurer de manger après une injection d’insuline rapide.

Le message final du Dr Koné

Son dernier mot est un appel à la responsabilité :

« Ne négligez jamais les signaux de votre corps. Une migraine répétée peut cacher une tumeur cérébrale. Consultez tôt, suivez vos traitements, mangez équilibré, bougez, évitez les addictions. Et surtout, en cas d’urgence, appelez le 185. »

Santé

Médicaments de rue : un danger sous-estimé pour la santé des Ivoiriens

Sous-dosé, falsifié et vendu hors des circuits légaux, le phénomène des médicaments de rue est un véritable fléau pour la santé publique en Côte d’Ivoire. Dans le cadre de sa sensibilisation aux problèmes de santé, Vision Diamant a reçu le Dr Bonny Hervé, pharmacien et Secrétaire Général de l’Ordre des Pharmaciens, pour parler de cette réalité préoccupante.

Qu’est-ce qu’un médicament de rue ?

Selon le Dr Bonny Hervé, un médicament de rue n’est pas un véritable médicament : il est vendu en dehors des circuits légaux, souvent sous-dosé ou de qualité inférieure.

« On va vous dire que c’est du paracétamol pour soigner un mal de tête. Mais lorsqu’on analyse l’échantillon en laboratoire, on se rend compte qu’il est en réalité sous-dosé. »

Ces produits peuvent se retrouver sous toutes les formes : comprimés, gélules, sirops et même injectables. Autrefois, certains trafiquants vendaient même des poches de sang conservées dans de mauvaises conditions.

« C’est du trafic. Les trafiquants veulent seulement de l’argent, pas la santé de la population », précise le Dr Bonny Hervé.

Les risques pour la santé

Les médicaments de rue présentent de nombreux dangers :
• Échec thérapeutique : un comprimé censé contenir 500 mg peut n’en contenir que 200 mg.
• Intoxications et complications : le taux d’impuretés élevé peut provoquer des atteintes rénales et hépatiques.
• Résistance bactérienne : particulièrement avec les antibiotiques mal utilisés ou sous-dosés.

Une anecdote qui parle d’elle-même

Dr Bonny Hervé raconte l’histoire d’un jeune patient avec une fracture ouverte. Après l’intervention chirurgicale, sa mère s’est rendue au marché pour acheter des médicaments, pensant faire le mieux pour son enfant. Elle a donné à son fils des produits de type ceftriazone et des quinolones achetés dans la rue. La plaie ne guérissait pas, et les médecins ne comprenaient pas l’échec du traitement.

Lorsqu’ils se sont tournés vers la pharmacie, le pharmacien a pu identifier que les médicaments achetés au marché étaient inefficaces. Avec les médicaments appropriés et correctement conservés, le traitement a enfin commencé à fonctionner. Cette situation illustre parfaitement les dangers liés à l’automédication et aux produits de rue.

Pourquoi les médicaments de rue sont-ils si répandus ?

La majorité des vendeuses sont des femmes, qui ne possèdent pas de formation médicale. Elles essaient de reproduire les prescriptions des médecins, mais le risque d’erreur est élevé. Derrière elles, des réseaux organisés tirent profit de cette pratique, au détriment de la santé publique.

L’importance de la conservation des médicaments

Contrairement aux marchés, les pharmacies respectent des normes strictes : température contrôlée, conservation à l’abri de l’humidité, traçabilité des produits.

« Même un médicament de qualité peut perdre ses propriétés s’il est exposé à la chaleur et à l’humidité. Un comprimé qui peut se conserver 4 à 5 ans à 25 °C ne tiendra même pas un an à 40 °C. »

Comment se protéger ?

Le Dr Bonny Hervé recommande :
• Se procurer les médicaments uniquement dans les pharmacies et centres de santé officiels.
• Vérifier la traçabilité et la conservation des produits.
• Respecter les prescriptions médicales.
• Privilégier les génériques de qualité disponibles à prix abordable dans les officines.

Lutter contre le phénomène

Les autorités sanitaires travaillent à réguler la distribution des médicaments et à sensibiliser la population. Les pharmacies participent également à la prévention en informant les clients et en proposant des produits fiables et accessibles.

« La population a besoin que le gouvernement et les structures de santé publique s’impliquent pour réguler la vente des médicaments, sensibiliser et assurer l’accès aux traitements de qualité. »

Santé

Drépanocytose : une maladie génétique encore mal connue mais surmontable

« Ce n’est pas une fatalité, on peut vivre avec la drépanocytose », insiste le Dr Kouamenan, hématologue au Centre national de transfusion sanguine. Invitée par Dr Cissé dans un podcast santé, elle a accepté de parler sans détour de cette maladie génétique, de ses complications mais aussi des espoirs possibles.

Qu’est-ce que la drépanocytose ?

La drépanocytose est une maladie génétique transmise par les parents. Elle touche les globules rouges, normalement ronds et souples, qui assurent le transport de l’oxygène dans le sang. Chez les personnes atteintes, une anomalie de l’hémoglobine déforme ces cellules en forme de faucille – comme une banane ou un croissant de lune.
Résultat : les globules rouges se bloquent dans les petits vaisseaux, empêchent la bonne circulation et provoquent les fameuses crises douloureuses.

Les premiers signes

Dès l’âge de 2 à 3 mois, certains bébés présentent des gonflements des mains et des pieds, ou des douleurs abdominales inexpliquées. Plus tard, ce sont surtout les douleurs articulaires et osseuses qui dominent, parfois si intenses qu’elles paralysent l’enfant ou l’adulte dans ses activités.

Des complications parfois lourdes

Le blocage des vaisseaux sanguins peut entraîner de graves complications :
• Accidents vasculaires cérébraux (AVC) chez l’enfant,
• Splénomégalie (gros ventre lié à la rate),
• Priapisme chez les jeunes garçons à la puberté (érection prolongée et douloureuse),
• Ostéonécrose de la hanche, qui peut nécessiter des béquilles,
• Rétinopathie conduisant à la perte de la vue.

« Ces patients doivent être suivis régulièrement, y compris par un ophtalmologiste, pour éviter une cécité irréversible », prévient la spécialiste.

Vivre avec la maladie

Il existe plusieurs formes de drépanocytose : certaines très anémiques, d’autres non. Les plus sévères nécessitent parfois des transfusions sanguines à vie, une fois par mois, afin de prévenir les AVC ou stabiliser l’état de santé.
Le Dr Kouamenan cite un exemple qui donne de l’espoir :

« Mon plus vieux patient est décédé à 75 ans. Il a eu une carrière, une famille, une vie accomplie. C’est la preuve qu’on peut vivre longtemps avec la maladie. »

Un manque criant de moyens

En Côte d’Ivoire, il existe peu de centres de prise en charge spécialisés, faute d’hématologues. Le Dr Kouamenan dirige une unité transfusionnelle au sein du Centre national de transfusion sanguine. Mais l’espace est restreint et les moyens limités.
Elle plaide pour la multiplication des centres, la formation de jeunes médecins et surtout l’institutionnalisation du dépistage néonatal, encore inexistant dans le pays.

Le rôle vital du don de sang

La drépanocytose est l’une des maladies qui consomment le plus de sang.
« Chaque poche donnée peut sauver une vie. Donner son sang, c’est être un héros », rappelle l’hématologue. Le don est possible entre 18 et 60 ans, à condition de peser plus de 50 kilos et d’être en bonne santé. Chaque don est testé pour le VIH, l’hépatite et la syphilis avant d’être utilisé.

Une médecin concernée au premier plan

Le témoignage du Dr Kouamenan est d’autant plus fort qu’elle est elle-même atteinte de drépanocytose, sous la forme SC. Diagnostiquée à l’adolescence alors qu’elle rêvait de devenir sportive, elle a dû renoncer à l’athlétisme. Mais sa maladie l’a orientée vers la médecine :

« Mon rêve d’athlète s’est brisé, mais je suis devenue hématologue. Aujourd’hui, je soigne les patients qui me ressemblent. »

Mariée et mère de famille, elle raconte avoir fait tester son conjoint avant de s’engager. Ses enfants sont porteurs sains (AS), ce qui leur permet de vivre sans symptômes, mais avec la conscience de transmettre ou non la maladie.

Son message aux autorités et à la population

Aux autorités, la médecin demande un engagement fort pour renforcer les structures et soutenir la recherche. Aux populations, elle lance un double appel :
• Se faire dépister avant de s’engager dans une relation sérieuse,
• Donner régulièrement son sang pour sauver des vies.

Enfin, un message d’espérance pour les patients :

« Avec un suivi adapté et le soutien de la communauté, la drépanocytose ne définit pas une vie : on peut rêver, accomplir et profiter pleinement de chaque instant. »